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Les évaluations CM2

Voici un diaporama explicatif sur les évaluations cm2, et pourquoi beaucoup de collègues ne les ont pas ou les ont fait partiellement passer :

diaporamaevacm2pourparents.ppt

Mis en ligne par Pierre sur proposition de Marie-Pierre. Le diaporama a été créé par des collègues du Snuipp.



Lutter pour le progrès, pas contre le changement!

On s'attendait bien à ce que le ministre réponde, face à la résistance à ses projets, que les enseignants étaient des conservateurs qui résistaient à tout changement. Mais on entend ce genre de langage aussi dans la bouche de certains conseillers pédagogiques apparement. Qui prétendent que certains “sont contre tout” et s' “opposent à tout”.

D'aucuns qui hier défendaient hardiment la littérature, les activités de réflexion en classe, les RASED, et qui aujourd'hui, bien docilement, changent leur langage et justifient la fin des RASED et l'asservissement aux programmes 2007 et aux heures d'aide à midi. Eviter de réfléchir pour garder une vie tranquille, à l'ombre de la hiérarchie.

Eh bien non, beaucoup d'entre nous qui résistons à la Darcoze ne sont pas contre le changement. Personnellement, je suis tout à fait pour, et il n'y a pas une année où je ne change pas mes pratiques pédagogiques. Chaque année, je trouve que je pourrais faire mieux, et j'essaye d'autres dispositifs pédagogiques, je tente de nouvelles méthodes, de nouvelles situations.

Mais au nom du changement, je ne vais pas faire n'importe quoi. Or, voilà ce qu'on nous propose aujourd'hui, n'importe quoi.

Il parait que le niveau baisse? Ah bon, mais pourquoi enlever deux heures d'école aux élèves alors, sauf les 4 ou 5 du “soutien”? Deux heures par semaine en moins pour la quasi-totalité des élèves va permettre de faire monter le niveau, ah bon? Dans ma classe, ce sont les ateliers qui ont sauté avec ces deux heures. C'est à dire le temps que je passais avec un petit groupe en difficulté justement pendant que les autres travaillaient en autonomie en informatique ou en géométrie. Et oui, deux heures d'aide aux enfants en difficulté EN MOINS! Alors qu'avant, ils avaient droit à cette aide, sur le temps de classe, sans prolonger leur journée.

Et maintenant, on voudrait me dire que le progrès, c'est de leur faire faire cette aide à midi, alors qu'ils ont déjà fait une matinée de travail, que les copains, eux, sortent en récré. Que cela va leur faire manquer les ateliers de jeux de société et de chorale du midi?

Voilà ce que j'appelle “n'importe quoi”! A force de ne pas tenir compte de ce qui se passe dans les classes, à force de croire qu'on change les couches en petites sections, à force de rester dans son bureau et de visiter les écoles une fois de temps en temps sans vraiment savoir ce qu'on y fait, voilà les décisions qui nous sont imposées.

Alors oui au changement! Oui à la modification de nos pratiques, mais pas pour des raisons d'économie. Faisons le pour améliorer l'enseignement pour tous, et pas pour transformer les écoles en officines de service privées.

Pierre DESEUF, de Viala

Pourquoi ce blog

Ceci est un blog d'école : le blog de l'école Viala à Saint-Pierre-des-Corps.
Merci à Alain Refalo que je vais avoir l'occasion de citer dans cet article, son blog m'a montré que nous n'étions pas isolés, et que notre petite voix méritait une tribune.
Le coup de pouce décisif nous le devons à l'appel d'offre pour la “veille de l'opinion”, le jour où cette info est sortie nous avons décidé d'ouvrir ce blog…

Dans notre école de ZEP nous n'avons pas mis en place l'aide personnalisée. Les raisons sont multiples. Celle qui m'a décidée, c'est que je ne veux pas contribuer à la disparition des RASED.

Ici je me permets un copier coller de la désormais fameuse lettre d'Alain Refalo, en soulignant :

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Le pouvoir actuel, comme tous les pouvoirs avant lui, compte avant tout sur la soumission du plus grand nombre. Il sait bien que les réformes dans l'Education Nationale sont impopulaires auprès des enseignants, mais il n'en a cure tant que la machine continue à fonctionner. Il s'accommode tranquillement de nos protestations symboliques, de nos pétitions et de nos journées de grève sans lendemain. Tout cela est utile, mais ne constitue pas une force susceptible d'enrayer la machine. La question qui est posée désormais est de savoir si nous saurons construire un mouvement, non seulement de résistance, mais de désobéissance pédagogique qui rende impossible l'application des lois néfastes qui déconstruisent l'Education Nationale.

Ce qui fait la force des injustices, ce n'est pas la loi injuste, mais l'obéissance à la loi injuste. Rappelons-nous les mots prophétiques d' Etienne de La Boétie qui, au XVIème siècle, dans son remarquable Traité de la servitude volontaire, démontrait magistralement que ce sont les peuples eux-mêmes qui sont responsables de la tyrannie et de leur oppression par faiblesse, par couardise ou par lâcheté. Il a eu l'intuition que le peuple pouvait jouer un rôle actif pour se libérer, sans violence, des chaînes qui l'entravent : « Si on ne leur donne rien, écrit-il à propos des tyrans, si on ne leur obéit point, sans combattre, sans frapper, ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien, sinon que comme la racine, n'ayant plus d'humeur ou aliment, la branche devient sèche et morte ». Il concluait en ces termes, sans savoir que cette grande idée allait inspirer notamment Thoreau, Gandhi, Martin Luther King, les dissidents des pays de l'Est et de nombreux combats pour les droits de l'homme sur tous les continents : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres. Je ne veux pas que vous le poussiez ou l'ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse à qui on a dérobé sa base, de son poids même, fondre en bas et se rompre ». Les intuitions de La Boétie sont toujours d'actualité, même pour résister aux lois injustes d'un pays démocratique.

C'est notre dernière chance : organiser au sein même de l'Education Nationale la désobéissance ciblée et massive qui créera un vrai rapport de forces avec le pouvoir pour l'obliger à négocier et à retirer les lois, décrets et mesures que nous contestons. Dès aujourd'hui, chacun peut décider, en conscience, d'envoyer une lettre à son inspecteur pour lui signifier son refus d'obéir à telle ou telle disposition en particulier. Et surtout la faire connaître dans son réseau d'amis, de collègues et dans les médias pour élargir le mouvement et recueillir des soutiens. N'oublions pas que plus nous serons nombreux à entrer en désobéissance, plus il sera difficile à l'administration de réprimer et de sanctionner.

En prenant le risque de devenir « désobéisseur », l'enseignant assume ses choix. C'est une désobéissance lucide et responsable. Elle est légitime dans le sens où nous n'avons plus d'autres moyens pour nous faire entendre et nous faire comprendre. Le désobéisseur respecte profondément les lois de son pays, mais en certaines circonstances, il enfreint la loi pour ne pas être complice de l'injustice. Il désobéit pour gripper la machine à produire de l'injustice.

Ce mouvement n'est pas seulement est un mouvement d'opposition. Chacun peut aussi mettre en place aujourd'hui, dans son établissement scolaire, dans sa classe, des projets, des activités, des dispositifs pédagogiques qui seront autant d'alternatives à l'esprit de compétition, de sélection et à la démotivation des élèves. L'enjeu demeure de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité et de la réussite pour tous.

La victoire est possible si nous le voulons !

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Comme Alain Refalo je pense que la désobéissance peut se justifier. Moi qui n'ai jamais fait de politique, qui ne me suis jamais engagée, je n'arrive plus aujourd'hui à avaler certaines couleuvres sans réagir.
Et je place mon espérance dans la réaction de mes collègues : oseront-ils ne pas appliquer les directives qui les révoltent ?
Il est plus simple de garder la tête haute dans une école où tous les collègues ont choisi cette ligne de conduite. D'où l'importance de ces blogs : vous n'êtes pas seuls. Et plus nous serons nombreux, plus ce que nous avons à dire sera entendu.

Armelle Mansion
enseignante à Saint-Pierre-des-Corps

La résistance s’installe à Viala!

Depuis quelques temps notre ministère joue avec nos nerfs… La tension monte et le moral descend dans les chaussettes. Avec l'approche de l'hiver, le froid s'installe, on vit à la lumière artificielle plus longtemps, on reste au chaud sous la couette,… Tout effort devient plus pénible.

Pourtant, il faut réagir et ne pas se laisser emporter par une déprime passagère. Sans quoi elle se transformera en dépression profonde et durable.

L'école Viala, comme bien d'autres, isolemment, résiste. Il est temps de sortir de l'ombre, d'unir nos forces et d'enfourcher nos destriers de combats. L'esprit chevaleresque nous habite, collègues! En avant!

N'ayons plus peur de ces dirigeants qui nous rabaissent et nous humilient…nous font passer sans cesse pour des fainéants à la grand messe de 20h et s'amusent de la division des esprits.

Osons dire tous ensemble ce que chacun pense tout bas: il faut que ça cesse!!! Il est temps d'unir nos forces.

Pour la survie de l'école publique, pour nos enfants, je soutiens les collègues de Viala et j'encourage tout le monde à suivre le chemin tracé dans la boue…

Nicolas Chemin

Enseignant à St Pierre des Corps.