Victoire d’Erwan Redon au tribunal !

Communiqué d’Erwan Redon et ses défenseurs / 24 décembre 2009
Par une ordonnance de référé du 21 décembre 2009, le juge des référés du Tribunal Administratif de Marseille a décidé de suspendre la sanction de déplacement d’office prise par l’Inspecteur d’Académie le 22 septembre 2009, à la suite du conseil de discipline qui s’est tenu le 17 septembre 2009 et qui avait proposé cette sanction.
Le juge des référés a considéré que la procédure inique qui s’est déroulée devant le conseil de discipline était irrégulière, notamment au regard de la partialité de son président, l’Inspecteur d’Académie, qui n’a pas hésité à prendre parti publiquement sur la manière de servir d’Erwan REDON, mais aussi du point de vue des membres du conseil de discipline qui n’ont pas respecté les règles du vote de la proposition de sanction (la majorité des membres présents n’ayant pas voté pour la sanction de déplacement d’office) et les exigences de motivation de l’avis ( impossibilité de déterminer parmi les faits reprochés à Erwan REDON, ceux de nature à justifier la proposition de sanction).

Le juge des référés a enjoint à l’administration de réintégrer Erwan REDON au sein de l’école élémentaire des Convalescents (Marseille 1er arrondissement) dans un délai de un mois à compter de la notification de cette ordonnance.
Cette décision est un encouragement à toutes celles et ceux qui luttent pour que les enfants retrouvent leur place dans un système éducatif qui en a effacé les sujets au profit de « machines élèves ».
Pour ces enfants, les luttes se poursuivent quotidiennement, contre leur fichage dans la Base-Elèves (base-enfant !), contre la mise en boîte évaluatrice, contre une aide spécialisée au rabais avec l’aide personnalisée, contre une pédagogie d’état qui ne dit pas son nom, pour le respect de leur droit à l’espace et au temps nécessaires pour se construire.
Cette décision rappelle par ailleurs aux instances paritaires, que le droit s’applique pour touTEs, au delà des intérêts bien compris entre syndicats et ministère de l’éducation ou de ses potentats locaux.
Les personnels de l’éducation nationale et toutes celles et ceux attachés à un service public d’éducation continueront à se battre contre l’archaïsme des commissions disciplinaires, contre la hiérarchie de l’éducation nationale.
Contact :
Maitre Sémeriva : 06 64 85 98 74
Erwan Redon : 06 32 70 91 89
http://education-resistance-autoritarisme.org

ordonnance de référé consultable sur ce site. (format pdf)

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Victoire d’Erwan Redon au tribunal

La justice donne raison
à deux profs désobéisseurs

Flore Galaud (lefigaro.fr)
14/08/2009 | Mise à jour : 10:01
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Le tribunal administratif de Marseille a ordonné l’annulation des sanctions financières sur leur salaire, décidée par leur hiérarchie pour avoir refusé d’appliquer certaines réformes de l’Education nationale.

Le tribunal administratif de Marseille a donné raison jeudi à deux professeurs «désobéisseurs» de l’école des Convalescents, dans le centre-ville de Marseille (Ier), auxquels leur administration avait retiré 32 jours de salaire sur trois mois de travail, au prétexte qu’ils n’avaient pas effectué les tâches requises.

Erwan Redon et Christine Jousset s’étaient vus sanctionnés sur leur fiche de paye pour avoir refusé d’appliquer «l’aide personnalisée» pour les enfants en difficultée (2 heures par semaine), voulue par l’ancien ministre de l’Education Xavier Darcos.

Contestant les vertus pédagogiques de ce dispositif, qui alourdit les journées, les deux instituteurs avaient préféré mettre en place des «ateliers éducatifs du Midi», une initiative approuvée par le maire de la ville. Ces ateliers consistaient à des activités calmes type jeux éducatifs, lecture, ou encore ordinateur, à raison de trois fois trois quart-d’heure par semaine. Un projet qui n’empiète pas sur les heures de cours mais sur celles de la pause déjeuner. «Avec ces ateliers nous proposons une autre approche pédagogique. Cela fait du bien aux enfants et permet de les rendre plus calmes pour les cours de l’après-midi», explique au figaro.fr Christine Jousset.

1.000 euros versés à chacun

Si l’initiative a séduit la municipalité de Marseille, qui réfléchit aujourd’hui à développer le projet à plus grande échelle, l’Education nationale, en revanche, a pénalisé les deux désobéisseurs. Le tribunal admnistratif de Marseille a lui estimé que «les modalités des obligations de service que devait exécuter M. Redon n’ont pas été précisées. Cela est de nature à faire un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée». Des arguments repris pour le cas de Christine Jousset. En conséquence, l’exécution des décisions par lesquelles les deux enseignants se sont vus priver d’une partie de leur rémunération «est suspendue», a conclu le tribunal. L’Etat a par ailleurs été condamné à verser à chacun des deux professeurs la somme de 1.000 euros.

Erwan Redon s’est félicité de la décision du tribunal: c’est «une bonne nouvelle pour tous les enseignants qui d’une manière ou d’une autre ont désobéi à leur hiérarchie, parfois avec leur bienveillance, en n’appliquant pas la directive de l’aide personnalisée, aberrante pour les enfants et destructrice pour les emplois d’enseignants spécialisés du réseau d’aide (Rased)», a-t-il rappelé. Reste que ce verdict pourrait bien encourager d’autres démarches judiciaires : plusieurs professeurs à travers la France auraient en effet été récemment financièrement pénalisés pour ne pas avoir respecté les nouvelles directives de l’Education nationale.

 

L’article original du Figaro :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/14/01016-20090814ARTFIG00342-deux-profs-desobeisseurs-obtiennent-gain-de-cause-.php

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